Le 4 août 1962, une femme de 36 ans est retrouvée morte dans sa chambre de Brentwood, à Los Angeles, le téléphone encore dans la main. Cette femme, c’est Marilyn Monroe, l’actrice la plus photographiée de la planète, celle dont le visage a tapissé des millions de murs à travers le monde. En moins de deux décennies, elle était passée de la pauvreté absolue à une célébrité sans équivalent. Pourtant, derrière les robes pailletées et le sourire éclatant se cache une trajectoire bien plus complexe que la légende dorée qu’on lui a construite.
De Norma Jeane Baker à Marilyn Monroe : une enfance difficile
Marilyn Monroe naît le 1er juin 1926 à Los Angeles sous le nom de Norma Jeane Mortenson, mais elle est baptisée Baker, du nom de sa mère. Son père biologique n’a jamais reconnu l’enfant.
Sa mère, Gladys Pearl Baker, souffre de troubles psychiatriques graves et ne peut pas s’en occuper. Norma Jeane grandit donc entre familles d’accueil et orphelinats, comptant au moins douze foyers différents avant ses seize ans. Douze. Le chiffre dit tout.
Cette instabilité permanente laisse des traces profondes : une insécurité affective que ni la gloire ni l’argent ne combleront jamais. C’est peut-être là, dans ces couloirs d’orphelinat, que se joue une grande part de ce qu’elle deviendra.
En 1942, à 16 ans, elle épouse James Dougherty pour éviter un retour à l’orphelinat. Ce mariage dure quatre ans. Pendant la Seconde Guerre mondiale, un photographe de l’armée la repère dans une usine de munitions à Burbank. C’est le début de sa carrière de mannequin et, bientôt, d’actrice.
La naissance d’une star : les débuts à Hollywood
En 1946, Norma Jeane signe son premier contrat avec la 20th Century Fox. Elle adopte alors le nom de Marilyn Monroe, Monroe étant le nom de jeune fille de sa grand-mère maternelle. Ses premiers rôles sont mineurs, presque anecdotiques.
Mais en 1950, deux films changent tout. Dans Quand la ville dort de John Huston et Ève de Joseph L. Mankiewicz, elle attire l’attention des critiques malgré de courtes apparitions. Hollywood commence à comprendre qu’elle est autre chose qu’un simple visage.
Au total, elle tourne 30 films au cours de sa carrière, en laissant un inachevé : Something’s Got to Give, interrompu par sa mort en 1962. Ce chiffre paraît modeste. L’impact, lui, est sans commune mesure.

Les films qui ont construit la légende de Marilyn Monroe
Marilyn Monroe n’était pas une actrice de second plan qu’on a magnifiée après coup. Plusieurs de ses films restent des œuvres majeures du cinéma américain, soixante ans après leur sortie.
Les Hommes préfèrent les blondes (1953) est probablement son film le plus iconique. Sa performance de Lorelei Lee, chanteuse ambitieuse et calculatrice, contredit d’emblée l’image de la blonde naïve qu’on lui collait dessus. La scène de Diamonds Are a Girl’s Best Friend reste l’une des séquences les plus reprises et parodiées de toute l’histoire du cinéma. Madonna en sait quelque chose.
En 1959, Certains l’aiment chaud de Billy Wilder est un chef-d’œuvre de la comédie américaine. Son personnage de Sugar Kane lui vaut une reconnaissance critique durable. Tony Curtis, son partenaire de tournage, aurait dit que l’embrasser ressemblait à embrasser Hitler, tant les prises répétées l’exaspéraient. Peu importe : le résultat à l’écran est parfait, et c’est bien là l’essentiel.
Le Milliardaire (1960) et Les Désaxés (1961), écrit par Arthur Miller (son troisième mari), montrent une actrice capable de nuance et de profondeur. Les Désaxés est d’ailleurs le dernier film achevé de sa carrière, sorti quelques mois avant sa mort.
Pour aller plus loin sur la façon dont Hollywood forge ses légendes, notre article sur comment Hollywood est devenu la capitale mondiale du cinéma éclaire bien ce contexte.
Trois mariages, des Kennedy et une vie privée sous pression
La vie amoureuse de Marilyn Monroe est aussi tumultueuse que sa carrière est brillante. Après James Dougherty, elle épouse en 1954 la star du baseball Joe DiMaggio. Ce mariage ne dure que neuf mois, mais DiMaggio reste présent jusqu’à sa mort et organise ses funérailles. Il y a quelque chose de déchirant là-dedans.
Son union avec l’auteur dramatique Arthur Miller (1956-1961) est sans doute la plus complexe. On les surnomme alors « la Beauté et le Cerveau », comme si l’un et l’autre ne pouvaient pas coexister dans la même personne. Miller écrit Les Désaxés pour elle, mais leur relation s’effondre pendant le tournage même du film.
Les relations supposées avec John et Robert Kennedy ont alimenté des décennies de spéculations. Ce qu’on sait avec certitude : elle chante un Happy Birthday mémorable à JFK au Madison Square Garden en mai 1962, quelques mois seulement avant sa mort. La robe moulante, la voix soufflée, l’image reste gravée dans la mémoire collective.
Car sous les projecteurs, Marilyn Monroe subit une pression constante. Les studios la maintiennent sous contrat dans des conditions qu’elle conteste. Elle fonde sa propre maison de production, Marilyn Monroe Productions, en 1954, avec le photographe Milton Greene. Un geste d’indépendance rare pour une femme à Hollywood à cette époque.
L’Actors Studio, les livres et la femme derrière le mythe
Marilyn Monroe étudie le jeu dramatique à l’Actors Studio de New York auprès de Lee Strasberg. Ce n’est pas une anecdote : c’est une déclaration d’intention. Elle veut être prise au sérieux, et elle le mérite.
Elle lit Dostoïevski, Whitman, Joyce. Sa bibliothèque personnelle compte plusieurs centaines de volumes. Or cette image d’intellectuelle curieuse cadre mal avec le personnage de blonde évaporée que les studios s’acharnent à lui faire jouer, et c’est bien là toute l’ironie de sa carrière.
Elle souffre d’insomnies chroniques, de dépendance aux barbituriques et à l’alcool, de fausses couches répétées. Trois grossesses perdues avec Arthur Miller. La douleur privée reste largement invisible derrière les couvertures de magazine.
La mort de Marilyn Monroe : une fin qui pose encore des questions
Dans la nuit du 4 au 5 août 1962, Marilyn Monroe est retrouvée morte. Elle a 36 ans. La cause officielle retenue est une surdose de barbituriques, probablement du chlorhydrate de chloral et du Nembutal.
Mais les circonstances exactes de sa mort n’ont jamais été totalement élucidées. Le délai entre la découverte du corps et l’appel aux secours, les allées et venues signalées chez elle ce soir-là, les liens supposés avec les Kennedy : tout cela a nourri des théories pendant plus de soixante ans. Certaines sérieuses, d’autres moins.
Joe DiMaggio, avec qui elle avait renoué une relation amicale, organise ses funérailles. Il fait envoyer des roses rouges sur sa tombe trois fois par semaine pendant vingt ans. C’est peut-être la plus belle histoire d’amour de toute cette vie agitée.
L’héritage de Marilyn Monroe : une icône qui ne vieillit pas
Andy Warhol la sérigraphie en 1962, juste après sa mort. Ce geste transforme définitivement Marilyn Monroe en symbole pop, en image reproductible à l’infini. Mais réduire son héritage à une série de portraits colorés serait passer à côté de l’essentiel.
Son influence s’étend au cinéma, à la mode, à la musique et à la culture visuelle contemporaine. Madonna, Lady Gaga, Kim Kardashian : toutes ont revendiqué ou emprunté quelque chose à son image. En 2023, la robe qu’elle porte pour chanter Happy Birthday à Kennedy est estimée à plusieurs millions de dollars.
Les droits à son image sont gérés depuis 2011 par Authentic Brands Group, après des décennies de batailles juridiques. Son image continue de générer des dizaines de millions de dollars chaque année. Elle est, paradoxalement, bien plus riche morte que de son vivant.

Questions fréquentes sur Marilyn Monroe
Quel est le vrai nom de Marilyn Monroe ?
Son vrai nom est Norma Jeane Mortenson, baptisée Baker du nom de sa mère. Elle adopte le pseudonyme Marilyn Monroe en 1946 lors de ses débuts à Hollywood, Monroe étant le nom de jeune fille de sa grand-mère maternelle.
Combien de films a tourné Marilyn Monroe ?
Elle tourne 30 films au cours de sa carrière, entre 1947 et 1962. Un dernier film, Something’s Got to Give, reste inachevé à sa mort. Parmi ses titres les plus marquants : Les Hommes préfèrent les blondes (1953), Certains l’aiment chaud (1959) et Les Désaxés (1961).
Comment Marilyn Monroe est-elle morte ?
Elle est retrouvée morte le 4 août 1962 à Los Angeles, à l’âge de 36 ans. La cause officielle retenue est une surdose de barbituriques, associant du chlorhydrate de chloral et du Nembutal. Les circonstances exactes de sa mort ont alimenté de nombreuses théories depuis lors, sans qu’aucune n’ait jamais été définitivement établie.
Qui gère l’héritage de Marilyn Monroe aujourd’hui ?
Après plusieurs décennies de batailles juridiques, les droits à l’image de Marilyn Monroe ont été cédés à Authentic Brands Group en 2011. Son image continue de générer des dizaines de millions de dollars par an grâce aux licences commerciales et aux produits dérivés, faisant d’elle l’une des célébrités décédées les plus lucratives au monde.
Une femme bien plus grande que son mythe
Ce qui frappe, au fond, quand on relit la vie de Marilyn Monroe, c’est l’écart entre ce qu’elle était vraiment et ce qu’on a voulu faire d’elle. Une lectrice de Dostoïevski enfermée dans un rôle de blonde. Une femme d’affaires réduite à un corps. Une actrice de talent traitée comme une marchandise.
Elle a quand même réussi à imposer sa propre maison de production, à choisir ses rôles, à étudier le jeu dramatique quand Hollywood lui demandait juste de sourire. Ce n’est pas rien.
Soixante ans après sa mort, on ne cesse de la redécouvrir. Chaque génération y trouve quelque chose de différent : la victime du système, la féministe avant l’heure, l’icône pop, la femme blessée. Peut-être que c’est ça, finalement, une vraie légende : quelqu’un qu’on n’a jamais fini de comprendre.





